La selle australienne est une selle de travail et de randonnée conçue pour le confort du cheval et du cavalier sur de longues heures. Elle combine un siège profond, des quartiers renforcés et souvent des appuis de cuisse pour la stabilité. Indispensable pour le travail en campagne et la randonnée, elle protège le dos du cheval tout en offrant une assise sûre. Ce guide détaille son histoire, ses composants, comment la choisir, l’ajuster et l’entretenir pour assurer le bien-être équestre.
Histoire et évolution
La selle australienne trouve ses racines dans les besoins du travail rural et du pastoralisme en Australie et dans les pays du Commonwealth. Conçue pour de longues journées en selle, elle privilégie la robustesse et le confort. Au fil du temps, elle a intégré des éléments provenant des selles anglaises et des selles de randonnée américaines, pour former un style hybride taillé pour l’élevage et la randonnée.
Origines historiques
Les premières versions sont apparues au XIXᵉ siècle, adaptées aux vastes territoires australiens et aux besoins des stockmen. Elles étaient d’abord fabriquées par des artisans locaux à partir de cuir épais et d’un arbre solide. L’objectif premier était d’offrir une assise stable pour la manipulation du bétail et le travail prolongé sur des terrains variés.
Évolution des matériaux et techniques
Au XXᵉ siècle, la fabrication a évolué avec des arbres plus légers, des formes de sièges modifiées et des quartiers renforcés. Le design a incorporé des éléments de la selle anglaise (siège plus profond, sanglage bien réparti) et des renforts pour protéger le dos du cheval. L’industrialisation a permis une production plus standardisée, mais l’artisanat a conservé sa place pour des modèles sur mesure.
Innovations récentes
Récemment, on voit l’usage de matériaux synthétiques, d’arbres composites et de systèmes modulaires de panneaux pour un meilleur ajustement. Les innovations incluent des panneaux réglables, des arbres flexibles et des assises anatomiques. Les fabricants intègrent aussi des technologies anti-glissement et des coutures ergonomiques pour réduire les points de pression.
Description et composition
La selle australienne regroupe des éléments destinés au confort du cheval et à la sécurité du cavalier. Sa structure repose sur un arbre solide, un siège conçu pour les longues heures, des quartiers protecteurs et un sanglage bien réparti. Voici le détail des composants et des matériaux courants.
Parties et anatomie du matériel
L’élément central est l’arbre (ou tree) qui définit la largeur et la distribution des appuis. Le siège est souvent plus profond que sur une selle anglaise, avec un pommeau et un troussequin modérés pour la sécurité. Les quartiers couvrent les flancs, avec parfois des renforts de cuisses ou des appuis de genou. On trouve aussi la sangle, les étrivières, les sanglons et des panneaux rembourrés qui viennent en contact avec le dos.
Matériaux utilisés
Le cuir reste la référence pour la durabilité et la réparation. Les cuirs gras ou pleine fleur sont privilégiés. Le synthétique (matières composites, imitation cuir) gagne en légèreté et entretien facile. Les panneaux peuvent être en mousse, laine, ou fibres synthétiques. Les éléments métalliques (bouclerie, anneaux) sont en acier inoxydable ou laiton pour résister aux intempéries.
Fabrication et qualité
La fabrication combine piqûres machine et finitions manuelles. Un bon contrôle qualité vérifie l’uniformité de l’arbre, la résilience du cuir, la solidité des coutures et l’homogénéité du rembourrage. Les critères de qualité incluent la symétrie des panneaux, l’absence de point dur, et la facilité d’ajustement. Les modèles sur-mesure passent par l’intervention d’un sellier ou d’un ajusteur professionnel.
Types et variantes
La selle australienne existe en plusieurs modèles adaptés aux usages : travail de bétail, randonnée, endurance ou balade. Les variantes se distinguent par l’arbre, le siège, le style de quartier et les matériaux. Voici les principales catégories et adaptations.
Différents modèles disponibles
On trouve des modèles classiques dits « stock » pour le travail intensif, des versions de randonnée plus légères, des modèles treeless inspirés des treeless australiens, et des selles spécialement rembourrées pour l’endurance. Les finitions vont du cuir traditionnel au synthétique imperméable, avec options de panneaux réglables ou préformés.
Spécificités selon disciplines
Pour la randonnée et l’endurance, on privilégie légèreté, assise confortable et sanglage stable. En travail de bétail, la robustesse et les renforts latéraux sont essentiels. Pour un usage polyvalent de loisir, on choisira une selle avec bon maintien du cavalier mais sans excès d’appui qui limiterait la mobilité. La discipline guide le choix du profil d’arbre et du type de panneaux.
Adaptation selon morphologie
Les selles se déclinent en différentes largeurs de gullet et formes d’arbre : étroit, moyen, large. Certaines offres proposent des arbres modulaires ou des kits de panneaux pour mieux épouser le dos. Les tailles vont du poney au cheval lourd ; il existe aussi des modèles confectionnés sur mesure pour chevaux à garrot prononcé ou dos court.
Critères de choix
Choisir une selle australienne implique d’évaluer la morphologie du cheval, l’usage prévu et le budget. L’ajustement prime : une selle mal adaptée provoque douleurs, résistance et problèmes de locomotion. Voici les éléments concrets à vérifier avant l’achat.
Morphologie et conformation du cheval
Mesurez la longueur du dos (de la base du garrot à la 18ᵉ vertèbre approximative), la hauteur du garrot et la largeur d’épaules. La largeur du gullet (ou gullet tree) doit laisser une bonne liberté de garrot (2 à 3 doigts minimum). Contrôlez aussi la forme du dos (plat, creux, convexe) : elle détermine le type d’arbre et le rembourrage nécessaires pour une répartition uniforme des pressions.
Discipline et usage prévu
Déterminez si la selle servira pour des journées de randonnée, du travail quotidien ou un usage loisir. Une selle d’endurance privilégiera la légèreté et le confort, tandis qu’une selle de travail aura des renforts latéraux. Selon la discipline, choisissez un modèle avec la bonne assise et la bonne mobilité pour le cavalier.
Budget et rapport qualité-prix
Les gammes varient du synthétique abordable au cuir artisanal haut de gamme. Investir dans une bonne selle est rentable pour la santé du cheval : une selle moyenne de qualité est souvent plus judicieuse qu’une très bon marché. Pensez au coût d’un réglage professionnel et aux accessoires (sangles, tapis) pour un budget complet.
Utilisation et ajustement
Un bon ajustement s’obtient par étape et vérification régulière. La pose correcte, le serrage progressif du sanglage et le contrôle des points de contact garantissent le confort du cheval. Suivez ces étapes et vérifications pour limiter les risques.
Comment mettre et ajuster correctement
Placez la selle en arrière des épaules, glissez-la en avant puis reculez pour la positionner naturellement sur le garrot. Installez le tapis adapté, attachez la sangle progressivement en la serrant par palier. Réglez la longueur des étriers pour la position du cavalier. Montez et vérifiez l’équilibre du siège et la liberté d’épaules.
Vérifications importantes
Contrôlez l’espace au garrot (2-3 doigts), l’absence de points chauds en passant la main sous les panneaux, et la répartition du contact (pas d’appuis uniquement à l’arrière ou à l’avant). Observez le cheval en mouvement pour détecter boiteries ou raideurs. Un test avec une couverture fine peut révéler des points de pression.
Erreurs courantes à éviter
Ne jamais serrer la sangle au maximum d’emblée, éviter une selle trop en arrière qui gêne les épaules, ou une selle trop étroite qui plaque le garrot. Ne pas ignorer les signaux du cheval (évitement, queues, mouvements). Enfin, ne pas utiliser une selle inadaptée longtemps sans correction : les dégâts peuvent devenir chroniques.
Entretien et durabilité
Un entretien régulier prolonge la vie d’une selle australienne et préserve le confort du cheval. Les méthodes diffèrent selon le matériau ; adaptez produits et fréquence pour prévenir dessèchement, moisissure ou détérioration de l’arbre.
Nettoyage et entretien régulier
Pour le cuir, dépoussiérez après chaque sortie et nettoyez avec un savon glycériné ou un produit spécifique. Nourrissez le cuir plusieurs fois par an avec une huile ou graisse adaptée sans en saturer. Pour le synthétique, rincez à l’eau savonneuse et séchez à l’ombre. Nettoyez la bouclerie et graissez si nécessaire.
Stockage et conservation
Rangez la selle sur un arbre adapté ou un support pour conserver la forme de l’arbre. Évitez l’humidité, la chaleur extrême et la lumière directe. Utilisez une housse respirante pour protéger de la poussière et des insectes. Dans un box, gardez la selle élevée et aérée.
Signes d'usure et remplacement
Remplacez ou réparez si le cuir est fissuré, si les coutures lâchent, ou si l’arbre est fendu ou déformé. Des panneaux affaissés ou un gullet écrasé indiquent un mauvais maintien. Faites contrôler périodiquement par un sellier : certains problèmes se réparent, d’autres exigent un changement complet pour la sécurité.
Bien-être et sécurité
La selle australienne impacte directement le confort et la santé du cheval. Une selle bien ajustée réduit les risques de lésions musculaires et d’irritations. La sécurité du cavalier dépend aussi de la stabilité et de l’intégrité de la selle. Voici les éléments clés à surveiller.
Impact sur le confort du cheval
Une mauvaise répartition des pressions cause points chauds, contractures et atrophie musculaire. Les zones sensibles sont le garrot, les dernières dorsales et la zone lombaire. Des panneaux mal polis ou une sangle trop étroite provoquent des frottements et des blessures. Un bon rembourrage et une liberté d’épaule sont indispensables.
Normes de sécurité
Il n’existe pas de norme universelle spécifique à la selle australienne, mais les composants métalliques doivent respecter des standards de solidité. Vérifiez les indications du fabricant et les éventuelles normes et certifications pour les arbres composites ou la bouclerie. Privilégiez les fabricants reconnus et les contrôles par un sellier diplômé.
Précautions d'usage
Vérifiez systématiquement l’état avant chaque sortie : sanglons, coutures et étrivières. Évitez d’utiliser une selle endommagée. Faites contrôler l’ajustement après un changement de poids du cheval, d’état musculaire ou après plusieurs semaines d’utilisation intensive. En cas de doute, consultez un professionnel.
Prix et marques
Les prix varient selon matériaux, fabrication et réglages disponibles. Le rapport qualité-prix est essentiel : mieux vaut investir dans une selle adaptée et vérifiée qu’acheter une option bon marché qui nuira au cheval.
Fourchettes de prix
Entrée de gamme (synthétique basique) : 200–600 €. Milieu de gamme (cuir standard ou synthétique renforcé) : 600–1 500 €. Haut de gamme (cuir plein fleur, sur-mesure, arbres techniques) : 1 500–4 000 € et plus, selon personnalisations et réglages.
Marques principales
Parmi les fabricants réputés on trouve des acteurs internationaux et des artisans spécialisés. Citons des marques reconnues pour les selles polyvalentes et treeless comme Wintec, Bates et des ateliers artisanaux australiens ou européens spécialisés en sellerie sur mesure.
Où acheter
Achetez en sellerie spécialisée pour essayer et bénéficier d’un conseil d’ajustement. Les plateformes en ligne proposent un large choix mais exigez un bon service après-vente. Les occasions peuvent être intéressantes si la selle est contrôlée par un sellier. Privilégiez l’essai monté avant achat.
Alternatives et matériel complémentaire
En alternative à la selle australienne, considérez une selle anglaise ou western selon l’activité, ou une selle treeless pour des dos atypiques. Complétez par un tapis bien coupé, une sangle large et respirante, et éventuellement des cales correctrices pour régler les appuis. Un tapis amortissant et une sangle réglable améliorent la répartition des pressions et la stabilité.
Questions fréquentes (FAQ)
- Qu'est-ce qu'une selle australienne ? Une selle de type « stock » conçue pour le travail et la randonnée longue durée, avec un siège confortable et des quartiers protecteurs. Elle favorise la stabilité du cavalier et la répartition des pressions sur le dos du cheval.
- Comment choisir la bonne taille ? Mesurez la longueur du dos et la largeur du gullet. Essayez plusieurs largeurs d’arbre et vérifiez l’espace au garrot (2–3 doigts). Faites contrôler l’ajustement par un sellier.
- Treed ou treeless : que choisir ? Les arbres offrent un soutien structurel et une répartition stable des charges. Les treeless conviennent parfois aux chevaux au dos sensible, mais nécessitent un choix rigoureux de tapis et ne conviennent pas à tous les cavaliers.
- Cuir ou synthétique ? Le cuir est durable et réparable ; le synthétique est léger et facile d’entretien. Choisissez selon budget, fréquence d’utilisation et conditions climatiques.
- Peut-on sauter avec une selle australienne ? Ce n’est pas son usage principal : elle peut convenir pour de petites haies mais n’offre pas le même maintien que les selles de CSO. Pour le saut régulier, privilégiez une selle adaptée à la discipline.
- À quelle fréquence nettoyer la selle ? Dépoussiérez après chaque sortie, nettoyez en profondeur le cuir toutes les 4–6 semaines selon utilisation, et nourrissez quelques fois par an. Les synthétiques demandent un nettoyage doux régulier.
- Comment repérer un mauvais ajustement ? Signes : déplacement de la selle, zones chaudes ou poils blanchis après exercice, résistance du cheval ou boiterie. Un contrôle par un professionnel est recommandé.
- Quel budget prévoir pour un bon ajustement ? Comptez souvent 50–150 € pour une séance de réglage par un sellier, plus le coût éventuel d’adaptations (panneaux, cales). C’est un investissement rentable pour la santé du cheval.
Conclusion
Bien choisie, la selle australienne améliore le confort et la sécurité du cheval et du cavalier. Priorisez l’ajustement, l’entretien et l’avis d’un sellier pour une utilisation durable.